Attention événement : l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, le pianiste Alexandre Tharaud et le violoncelliste Jean-Guihen Queyras donnent la Sinfonia Concertante d’Oscar Strasnoy en création mondiale, vendredi soir.

« Nous avons un désir commun de laisser la musique prendre son envol à travers nous, de nous ouvrir à quelque chose de plus grand que nous, qui ne nous appartient pas », résume le violoncelliste Jean-Guihen Queyras, histoire de décrire la philosophie qui irrigue le modus operandi à l’œuvre avec le pianiste Alexandre Tharaud, son « frère en musique ».

Des personnalités très différentes en osmose

Les deux virtuoses jouent régulièrement ensemble depuis 30 ans. S’ils ont deux personnalités très différentes, leur osmose sur scène ou au disque est incroyable : « Chaque concert est un cadeau, un instant suspendu. Ce que j’aime ce sont les clins d’œil sur scène, le lâcher prise. Lorsque l’un sent que l’autre fatigue un peu, il reprend le flambeau. Nous nous inspirons beaucoup l’un l’autre avec des nuances, des rythmes, des idées. On se bouscule un peu pour, surtout, ne jamais entrer dans une routine », résume Alexandre Tharaud.

Pour célébrer ces trois décennies de compagnonnage, il fallait un événement marquant : la création mondiale de la Sinfonia Concertante pour piano et violoncelle d’Oscar Strasnoy en est un.

Mozart, référence assumée

Compositeur possédant la capacité à absorber l’histoire de la musique pour la faire rejaillir dans des partitions pétries d’humour, il a concocté une pièce sous-tendue par une idée simple, qui est aussi celle de la Sinfonia Concertante de Mozart, référence assumée   : «   Au début les solistes font partie de l’orchestre, jusqu’au moment où l’orchestre les rejette comme des noyaux d’olive et les pousse au milieu de la piste de danse, de sorte qu’ils deviennent indépendants et occupent le devant de la scène. L’orchestre est une sorte de chœur qui expulse les solistes puis les réintègre   », explique-t-il.

Commandé par l’OPS et la Philharmonie de Paris (où un programme identique sera proposé le 9 mars), l’œuvre voisine, sous la baguette d’ Aziz Shokhakimov , avec la Symphonie n° 7 Leningrad de Chostakovitch.

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