La journaliste et musicologue Saskia de Ville consacre un éclairant portrait en cinq épisodes au musicien né en 1685.
A l’occasion des 340 ans de la naissance du compositeur Jean-Sébastien Bach (1685-1750), Saskia de Ville signe un podcast intitulé « Bach, le boss ». En effet, et comme le rappelle d’emblée la productrice, nombreux s’accordent à dire qu’il est l’un des plus grands génies de la musique, et ce quel que soit le domaine : musique de chambre, cantate, passion, concerto, œuvres pour clavier ou pour cordes. « Tout y est réuni : la beauté de la mélodie, la richesse de l’écriture, la rythmique proche de la danse. » Pour nous le faire découvrir (les cinq épisodes s’adressent à ceux qui le connaissent peu), Saskia de Ville s’est entourée du chef d’orchestre Raphaël Pichon ; de l’organiste et compositeur Bernard Foccroulle ; du violoncelliste Jean-Guihen Queyras ; du compositeur et délégué à la création musicale de Radio France, Pierre Charvet, ainsi que de Corinne Schneider, productrice de l’émission « Le Bach du dimanche » sur France Musique.
L’épisode 1 rappelle que, né à Eisenach, en Thuringe, en 1685, Jean-Sébastien Bach a 9 ans quand il perd ses parents. Descendant d’une longue lignée de musiciens, il obtient, à 18 ans, le poste d’organiste pour l’église d’Arnstadt. Dans l’épisode suivant, Bach est à Mülhausen – c’est là qu’il écrit ses premières cantates et se marie –, puis à Weimar et bientôt à Köthen, où le prince Léopold, passionné de musique, lui permet de laisser libre cours à son talent. C’est à ce moment-là qu’il compose notamment les Concertos brandebourgeois.
« Une dimension européenne et universelle »
Viendra ensuite Leipzig (épisode 3) : son nouveau poste de cantor va l’installer au carrefour de la musique sacrée et profane – il dirige notamment des concerts au Café Zimmermann. C’est une période extrêmement fructueuse, comme le souligne Raphaël Pichon au début de l’épisode 4. Pour ce dernier, « c’est dans les cantates qu’on rencontre intimement Jean-Sébastien Bach », tandis que Pierre Charvet insiste sur « l’aura sacrée » de ses œuvres.
Le dernier épisode est consacré à la fin de vie du musicien, qui meurt en 1750. C’est au XIXe siècle, grâce à Félix Mendelssohn (1809-1847), que ses passions et ses œuvres d’orgue ressuscitent et que la musique de Bach atteint « une dimension européenne et universelle à ce jour inégalée », comme le rappelle Saskia de Ville. Mais il serait dommage de ne pas terminer par les mots de Bernard Foccroulle, visiblement ému : « Il a changé ma vie : j’ai trouvé chez Bach une forme permanente de régénération, une énergie. Il éclaire notre époque, nous touche et nous bouleverse. » Autant dire qu’en ces temps radicalement obscurs nous en avons grand besoin.
« Bach, le boss », podcast de Saskia de Ville, réalisé par Davy Travailleur (Fr., 2025, 5 × 30 min). Disponible à la demande sur le site de France Musique et sur toutes les plateformes d’écoute habituelles.