C‘est en excellente compagnie, doublement choisie, que l’on savoure ce récital chambriste. Côté programmation, Robert et Clara Schumann côtoient Johannes Brahms, leur protégé, et le violoniste Joseph Joachim, ami commun. Côté interprétation, l’altiste allemande Tabea Zimmermann et le violoncelliste français Jean-Guihen Queyras, complices de longue date, offrent un subjuguant concentré d’Europe musicale et poétique avec leur cadet, le pianiste espagnol Javier Perianes, dans le Trio avec clarinette, de Brahms.
Donnée dans sa version pour alto, l’œuvre vient couronner le cheminement poétique entamé par Zimmermann et Perianes, avec un Scherzo brahmsien puis deux fois Trois Romances éminemment lyriques, composées par les Schumann. Celles de Clara, ardentes, inventives et passionnées, n’ayant rien à envier à la suave partition de Robert… Dans ces pièces romantiques comme dans les Mélodies hébraïques de Joseph Joachim, l’alto, merveilleux chanteur, a évidemment la part belle. Mais il n’irait pas si loin sans le tapis volant fluide et chamarré que lui offre le clavier.