Le 31 mars, à la Maison symphonique de la Place des Arts, l’Orchestre Métropolitain, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, proposait Échos de la forêt, un programme réunissant Johannes Brahms, Antonín Dvořák et Rita Strohl.

Yannick Nézet-Séguin a le don de programmer des œuvres captivantes et surtout de les diriger avec l’inspiration et l’énergie que l’Orchestre métropolitain nous transmet lors de leurs concerts. Reconnu à travers le monde comme un directeur artistique généreux et un chef d’orchestre charismatique et talentueux, le maestro nous fait apprécier des œuvres brillantes du répertoire, mais aussi des œuvres moins connues qu’il sait choisir et nous présenter grâce à ses qualités de communicateur enthousiaste.

Cette soirée formidable a débuté avec « l’Ouverture tragique » de son compositeur favori, Johannes Brahms. Né à Hambourg, en Allemagne, en 1833, il mène une carrière remarquable de pianiste, de chef d’orchestre et de compositeur important de la période dite romantique. « L’Ouverture tragique » a un effet dramatique puissant dès les premières notes. On se sent emporté par les violons et les battements intenses des cors et des tambours. Le tout comporte un souffle qui « pleure », selon Brahms lui-même. L’œuvre est très inspirée et l’audience est ensorcelée. Nézet-Séguin, en mélomane passionné, nous informe que Brahms et Dvořák ont entretenu une longue amitié et une admiration réciproque.

Suivra le magnifique « Concerto pour violoncelle en si mineur » d’Anton Dvořák, né en Bohême (Tchéquie actuelle), interprété par le violoncelliste Jean-Guihen Queyras, né en 1967 à Montréal de parents français qui vont en Algérie puis retournent en France. Superbe virtuose qui sait aussi communiquer avec l’orchestre, on le voit se pencher vers les violons et les bois pour converser chaque phrase de cette partition, donnant un effet exceptionnel. Notons que Queyras a établi une longue relation artistique avec Pierre Boulez (récipiendaire de 26 prix Grammy), qui lui aura transmis son approche interprétative tellement vibrante.

On est parfois certain que c’est une douce voix humaine qui s’exprime par les cordes du violoncelle, et parfois c’est l’espoir fragile qui nous berce le cœur. Sous les applaudissements nourris, le musicien ému nous confie que, comme Dvořák a composé ce concerto pendant son séjour de trois ans en Amérique avant de revenir en Europe, il a lui aussi séjourné en Amérique plusieurs années et doit retourner bientôt en Europe. Bienveillant et reconnaissant, il nous offre en solo une strophe d’Henri Dutilleux. C’est un moment de tendresse, de rêve et de mélancolie qui prolonge le plaisir.

Enfin, « La symphonie de la Forêt », une œuvre de Rita Strohl (née Marguerite La Villette), redécouverte récemment, nous plonge dans un univers français où la légèreté des cordes, de deux harpes et des flûtes s’approche du poème symphonique. Quatre mouvements s’enchaînent pour constituer une marche de découverte en forêt : l’étang, imprégné de mystère; l’âme en peine, intense et presque religieux; la marche funèbre d’un scarabée, évoquant le mouvement des sous-bois; la chasse à l’aurore — aurore et lever de soleil, où les sonneries des cors et les chevauchées en crescendo aboutissent au renouvellement du premier mouvement.

Une belle découverte, comme ce que nous présente souvent l’Orchestre métropolitain.

Pour suivre leurs concerts : orchestremetropolitain.com

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