Jean-Guihen Queyras et Alexandre Tharaud créent la Sinfonia Concertante d’Oscar Strasnoy, suivie de la monumentale Symphonie n° 7 “Leningrad “de Chostakovitch. Un concert à la Philharmonie de Paris, avec l’Orchestre philharmonique de Strasbourg et Aziz Shokhakimov, son directeur musical.

Concert en direct de la Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris.

Programme

Première partie

Les deux solistes de ce soir, Jean-Guihen Queyras et Alexandre Tharaud, ont demandé à Oscar Strasnoy d’écrire une pièce pour célébrer leurs trente années de collaboration artistique. Au départ, il s’agissait simplement d’un duo pour violoncelle et piano. Mais très vite, l’idée s’est élargie : ce duo est devenu un double concerto avec orchestre. Alors pourquoi parler de Sinfonia concertante plutôt que de double concerto ? Le terme renvoie bien sûr à une tradition du XVIIIᵉ siècle, notamment à Mozart. Dans une symphonie concertante, les solistes ne sont pas toujours en opposition avec l’orchestre. Ils peuvent aussi en faire partie, s’y fondre, dialoguer avec lui de manière plus fluide. C’est précisément ce que Strasnoy a cherché à faire, d’où le choix de ce titre : Sinfonia concertante. Comme le raconte Alexandre Tharaud : « Dans cette œuvre, Oscar Strasnoy nous présente comme un duo qui converse ensemble et avec un orchestre qui s’amuse à nous répondre et à nous bousculer. Il s’agit d’une très jolie métaphore de notre amitié ! »

Oscar Strasnoy (né en 1970) : Sinfonia Concertante – pour violoncelle, piano et orchestre (2025)
Commande de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, de la Philharmonie de Paris, de l’Orchestre National de Montpellier et du Musikkollegium Winterthur – Création parisienne
JeanGuihen Queyras, violoncelle
Alexandre Tharaud, piano
Orchestre Philharmonique de Strasbourg
Direction : Aziz Shokhakimov

Entracte

Entretien avec Oscar Strasnoy, Jean-Guihen Queyras & Alexandre Tharaud

Seconde partie

Souvent appelée la Symphonie « Léningrad », la Symphonie n°7 de Dmitri Chostakovitch est indissociable de l’un des épisodes les plus tragiques de la Seconde Guerre mondiale. En septembre 1941, la ville de Léningrad, l’actuelle Saint-Pétersbourg, est encerclée par les troupes allemandes. Commence alors un siège qui durera près de 900 jours, l’un des plus longs et des plus meurtriers de l’histoire moderne, avec plus d’un million de morts civils. Chostakovitch est né dans cette ville. Au début du siège, il y vit encore et commence à composer une nouvelle symphonie dans des conditions extrêmement difficiles. Très vite, l’œuvre prend une dimension symbolique : elle devient une manière de répondre à la violence de la guerre, mais aussi, plus largement, à la brutalité de l’époque. Pour Chostakovitch, la musique pouvait aussi servir de mémoire. Il écrira un jour : « Beaucoup de mes symphonies sont comme des monuments funéraires. Trop de gens sont morts sans sépulture. La musique est peut-être le seul monument que l’on puisse leur ériger. »

Dimitri Chostakovitch (1906–1975) : Symphonie n°7 en ut majeur opus 60 “Leningrad” (1941)
1. Allegretto
2. Moderato poco allegretto
3. Adagio
4. Allegro non troppo
Orchestre Philharmonique de Strasbourg
Direction : Aziz Shokhakimov

 

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