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Artistikrezo
Jean-Guihen Queyras & Vladimir Spivakov - Salle Pleyel
Belle maîtrise technique du violoncelliste Jean-Guihen Queyras sous la baguette du chef russe Vladimir Spivakov.

Le Baiser de la fée de Stravinsky est une œuvre méconnue du compositeur russe. Composé en 1928, en pleine période néoclassique, le ballet, dont est tirée cette suite, emprunte son matériel thématique aux œuvres du jeune Tchaïkovski. La belle sonorité des cordes de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France traverse la première partie, une Sinfonia. Après un quatuor à cordes interprété par les solistes de chaque pupitre, les « Danses suisses » font place à des ostinatos typiques de Stravinsky, aux structures asymétriques, dans lesquels le son rond et sautillant des cuivres est particulièrement abouti. En revanche, le Scherzo semble trop lisse, voire brumeux, et manque d'ironie. Enfin, le Pas de deux expose un magnifique thème à la clarinette et au violoncelle solo accompagnés par la harpe. Le chef russe, Vladimir Spivakov, demeure très droit, bouge peu, et bat la mesure. C'est parfois peu enlevé, mais le final est réussi.

D'inspiration mozartienne, les Variations sur un thème rococo pour violoncelle et orchestre de Tchaïkovski sont composées d'un thème et de sept variations qui peuvent aussi se lire comme trois mouvements d'un concerto. Accompagné d'un petit orchestre par deux, Jean-Guihen Queyras nous fait entendre toute la palette de son talent. Le son magnifique de son instrument, les très belles nuances piano, dans les variations lentes trois et quatre, et l'extraordinaire virtuosité de la cadence de soliste, et de la Coda. Il est applaudi triomphalement, et exécute en bis la Sarabande en Sol Majeur de Bach.

Grand classique du ballet russe, c'est avec une grande ferveur qu'est interprété le Lac des cygnes. Cette suite reprend pour une grande part les thèmes les plus connus de l'œuvre. L'intervention des solistes est admirable, notamment le violon solo et la harpe dans la Scène (ActeII n°13). Le chef n'hésite pas à faire sonner les cuivres, donnant ainsi un caractère un peu pompier qui semble cependant assumé.

Le public de la Salle Pleyel applaudit vivement.

Philippe Lumineau
Artistikrezo 16/09/2012