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La Libre 05/10/2012
Isabelle Faust, la sélénite
Pour son rendez-vous avec le public bruxellois, la violoniste Isabelle Faust jouait comme l’an dernier en trio, toujours avec le pianiste Alexander Melnikov, mais cette fois avec le violoncelliste Jean-Guihen Queyras. Au programme, trois pièces, toutes déterminées par le climat sonore et esthétique de la violoniste. Tout était déjà dit avec le Trio n° 38 de Haydn : un bijou de pureté et de subtilité, donné de loin, avec humour, cordes très articulées, aux sonorités droites, fines et même, côté violon, diamantines ; piano plus terrien, généreux et coloré. Dans l’op. 72/2 de Beethoven, "qui n’était pas là pour faire joli", le trio crapahuta en effet avec un sens aigu - grinçant - du drame, du suspense, de la rupture. Et si l’op. 65 de Dvorák fit espérer le lyrisme et l’abandon, l’écho n’y fut donné que fugitivement, dans l’adagio, grâce à un sursaut "free style" de Queyras.

La Libre.be
05/10/2012