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Destimed 19/07/2014
Queyras-Tharaud, duo d'exception
Depuis plus de dix ans, les deux amis se produisent en duo. Et pour ce concert donné dans le cadre de la carte blanche au violoncelliste, il ne restait plus une place de libre à l’auditorium du conservatoire Darius Milhaud. Près de 500 aficionados étaient réunis pour communier avec deux artistes majeur de la génération des quadras. Marin Marais, Bach et Brahms étaient au programme ; mais on se doutait bien que les deux allaient nous réserver quelques surprises… Et il suffisait d’attendre qu’ils aient pris place pour que le violoncelliste annonce l’inclusion au programme de quatre petites pièces de Berg… Rien de plus normal puisque les deux interprètes aiment Berg et que Jean-Guihen Queyras a enregistré la Suite Lyrique de ce compositeur ainsi que la « Nuit Transfigurée » de Schoenberg, le CD étant paru il y a peu chez Harmonia Mundi. Dans cet auditorium flambant neuf, véritable bijou d’acoustique, nous avons eu droit à un récital d’exception et de perfection. Marin Marais a bénéficié d’une interprétation à la fois belle, généreuse et ronde. Pour Bach on entrait plus dans l’intime et le spirituel avant l’explosion des pièces modernes de Berg. Courtes pièces données de façon très dynamique par le duo qui enchaînait, sans temps mort, sur la sonate pour violoncelle et piano n°1 de Brahms aux accents laissant déjà entrevoir le romantisme qui emplira ensuite les compositions du musicien.
Suivront, en bis,« Nacht und Traüme » du Schubert et le « Liebesleid » de Kreisler pour un final en apothéose. Toutes ces pièces ont permis d’apprécier le jeu des deux solistes d’autant plus que la qualité de la salle donne l’occasion de pratiquer une écoute « sélective » de chaque instrument. La chaleur et les couleurs du violoncelle de Jean-Guihen Queyras, un Gioffredo Cappa de1696 prêté par le Mécénat Musical Société Générale, sont à mettre en avant tout comme le jeu sensible et fin du musicien. Alexandre Tharaud, lui, a mis en valeur les belles sonorités de son Steinway préparé par Pianos Prestige. Un concert ponctué par une ovation bienvenue.

Michel Egea
Destimed

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