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Diapason Magazine N°476 - Décembre 2000
Diapason d'Or
Quoique que rassemblant des oeuvres assez sombres, ce disque est une magnifique démonstration des possibilités expressives du violoncelle. Jadis magnifiée par Starker, la Sonate de Kodaly, entre improvisation et construction polyphonique, est à elle seule, on le sait, un exemple cohérent et jamais gratuit des possibilité qu'autorise une technique poussée dans ses derniers retranchements : imitation de la cithare ou de la cornemuse, méditation d'un grande liberté, évocation de Bach...
Egalement riches en jeux de timbre et en recherche sonores, les pièces de Kurtag et de veress s'inscrivent ainsi dans un disque d'un remarquableunité de ton, unité à peine troublée par la facture plus romantique du célèbre Adagio. C'est peu dire que Jean-Guihen Queyras, remarquablement accompagné par Alexandre Tharaud, domine ces pièces ardues : avec avec un timbre très pur, une sonorité transparente, un relief fascinant, un large éventail de nuances, d'inépuisables ressources d'intensité et une expressivité à fleur de peau, il survole toutes les difficultés techniques pour transformer ces pièces déchirantes en de véritables poèmes qui ébranlent toute certitude. Si l'on en croit la notice, la Sonate de Sandor Varess, un disciple de Bartok, serait une "réflexion assez pessimiste sur le langage et la difficulté à communiquer". C'est une difficulté que ne semble pas connaître un violoncelle sous les doigts de Queyras.

Jérôme Bastianelli