fermer
Télérama n°3167
Quatuor français
En réunissant ces trois coups d'essai-coups de maître, le brillant Arcanto Quartett démontre, sinon l'existence d'une improbable école nationale, la permanence d'un fil rouge.



Face à l'opulente production germanique, le quatuor à cordes français se compte avec parcimonie - les dix-huit opus de Darius Milhaud étant l'exception qui confirme la règle. Comme Debussy et Ravel avant lui, Henri Dutilleux applique, avec Ainsi la nuit, créé en 1977, la politique de l'enfant unique. En réunissant ces trois coups d'essai-coups de maître, le brillant Arcanto Quartett démontre, sinon l'existence d'une improbable école nationale, la permanence d'un fil rouge - préoccupation originale pour les modes de jeu (mouvement entier en pizzicatos chez Debussy), les constructions singulières (finale du quatuor de Ravel).

Dans Ainsi la nuit, Henri Dutilleux, suivant la leçon d'indépendance d'un Bartók, s'émancipe des conventions et des formes : sept mouvements presque soudés, secrètement solidaires, culminant au centre dans la Parenthèse n° 3 et les Litanies n° 2, moment solennel de communion lyrique avec le mystère bruissant de la nuit et du cosmos. Quant au dernier mouvement, Temps suspendu, son titre s'applique à la lettre, cet automne, à un compositeur âgé de 94 ans dont l'oeuvre n'a jamais été autant jouée et célébrée.

| 1 CD Harmonia Mundi.

Le 25/09/2010
Gilles Macassar - Telerama n° 3167