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Concertonet.com - Mai 2004
Théâtre Mogador, Orchestre de Paris, Dvorak concerto

« Dans le Concerto pour violoncelle (1895), l'une des dernières à se rattacher à la période américaine du compositeur, Jean-Guihen Queyras se montre égal à lui-même: sonorité privilégiant la finesse et la pureté sur le grand son ou la puissance, technique très solide qui n'est pas pour autant mise en avant, sens du phrasé, hauteur de vue, autorité et intelligence. Ouvrant des abîmes qui vont bien au-delà du caractère nostalgique ou lyrique de la partition, mais sans excès d'introversion, le soliste confère au discours une portée quasi mystique, notamment dans l' Adagio ma non troppo central ou, même si le reste du Final n'en est pas moins héroïque et enlevé, dans une conclusion qui semble porter le violoncelle hors de ce monde. Généralement attentif et contrôlé, l'accompagnement tend à s'ébrouer dans des tutti trop bruyants.

En bis, la Sarabande de la Cinquième suite de Bach démontre la capacité de Queyras d'obtenir beaucoup malgré la grande simplicité des moyens employés. Le simple jeu sur les timbres, les phrasés et les intensités suffit à créer une dimension expressive dépourvue de pathos mais fondant une recréation d'une folle subjectivité, évoquant la désolation ou l'errance typiques de la dernière manière de Britten ou de Chostakovitch. »